
Analyse footballistique : Lautaro sauve Inter face à la crise romaine
Inter domine Roma 5-2 grâce à un doublé de Lautaro Martinez, de retour après deux mois. Analyse tactique, enjeux du classement et avenir des deux équipes.
L’AS Roma a vécu une saison 2025-26 désastreuse. Entre désordre tactique, recrutements ratés et crise de leadership, voici l’autopsie d’un naufrage.
L’AS Roma est entrée dans la saison 2025-26 avec des ambitions européennes, mais s’est rapidement retrouvée piégée dans un chaos tactique sans précédent. Oscillant entre un 3-4-2-1 déséquilibré et un 4-2-3-1 inefficace, l’équipe n’a jamais trouvé d’identité claire. Ce manque de cohérence s’est traduit par une défense perméable, avec une moyenne de 1,8 buts encaissés par match — la deuxième pire performance parmi les équipes hors zone de relégation.
Le milieu de terrain, censé être le moteur, a été désuni. Les duos Cristante-Diawara et Brozović-Sanches ont manqué de complicité, laissant le jeu constructionnel à l’abandon. Face aux presses hautes de Naples et de l’Inter, le taux de passes réussies dans le dernier tiers n’a été que de 79 %, loin derrière la moyenne de Serie A (85 %). Selon les analystes, l’entraîneur n’a pas su s’adapter, privilégiant les individualités au détriment du collectif.
Les experts soulignent que l’absence de philosophie de jeu rendait l’AS Roma prévisible — la dernière fois qu’un tel désordre a été observé remonte à la saison 2018-19 sous Di Francesco.
L’été 2025 devait marquer un tournant. Pour plus de 70 millions d’euros, l’AS Roma a recruté plusieurs joueurs, mais les résultats sont décevants. L’attaquant Samuel Iling-Junior, transféré depuis la Juventus, n’a inscrit que 2 buts et 1 passe décisive en 24 matchs. Son manque d’impact sur les côtés a privé l’équipe de sa principale source de création.
Le recrutement du défenseur Armel Bella-Kotchap s’est révélé encore plus problématique. Attendu pour renforcer la stabilité, il a commis 12 erreurs défensives ayant mené à des buts — le plus haut total de Serie A. Par ailleurs, l’arrivée gratuite de Marcelo Brozović n’a rien apporté : avec seulement 17 passes par 90 minutes dans les zones offensives, son influence a été quasi nulle. Ces échecs reflètent un mercato mal ciblé, axé sur la disponibilité plutôt que sur l’adéquation au projet.
À la troisième année de son mandat, l’entraîneur est au cœur de la tempête. Certes, il a mené l’équipe en demi-finale d’Europa League en 2024, mais sa gestion en 2025-26 est apparue dépassée. Roma a marqué en moyenne 0,8 but après la 75e minute — le pire ratio du championnat — révélant une absence d’ajustements tactiques.
Les tensions internes s’accumulent. Des sources rapportent que Paulo Dybala et Renato Sanches ont remis en question le système. Des images de frustration entre coéquipiers lors des défaites contre la Fiorentina et Bologne ont alimenté les critiques. Malgré les blessures de Zaniolo et Spinazzola, l’incapacité à développer les jeunes ou à changer de schéma tactique pèse lourdement sur son bilan.
Pour éviter une descente aux enfers, l’AS Roma doit agir radicalement. Premièrement, un renouvellement complet du staff technique s’impose. Le directeur sportif actuel a supervisé trois mercatos médiocres — il est temps de responsabiliser la hiérarchie.
Deuxièmement, retrouver l’ADN du club : transitions rapides, ailes dynamiques et pressing haut. Cela passe par l’arrivée d’un entraîneur à l’identité claire, comme Thiago Motta ou Daniele De Rossi, capables de s’adapter au football italien moderne. Enfin, miser sur la cantera. L’équipe Primavera a remporté la NextGen Series en 2025, mais un seul joueur formé au club a joué plus de 10 matchs cette saison. Sans renouvellement générationnel, les solutions resteront éphémères.
Q : L’AS Roma va-t-elle virer son entraîneur ?
A : Aucune décision officielle n’a été prise, mais la pression monte. Le propriétaire Dan Friedkin hésite à changer en cours de saison, mais avec l’équipe en 12e position et hors Europe, une décision est attendue fin avril. Une défaite contre la Lazio ou l’Atalanta pourrait accélérer les choses.
Q : Qui l’AS Roma devrait-elle recruter en été 2026 ?
A : Roma a besoin d’un milieu dynamique, d’un latéral gauche fiable et d’un buteur efficace. Des cibles possibles incluent Sandry (Milan), Jeremie Frimpong (Bayer Leverkusen) en latéral montant, et un attaquant expérimenté comme Samuel Chukwueze ou Joshua Zirkzee. La priorité doit être la polyvalence et l’intensité.
Q : Pourquoi l’AS Roma joue-t-elle si mal ?
A : La crise est systémique : absence d’identité tactique, échecs au mercato, gestion défaillante. Les blessures n’excusent pas tout. Le dernier épisode similaire remonte à 2019, mais cette saison révèle un problème structurel plus profond.