Démission en cascade après l'humiliation mondiale
En une poignée d'heures, le calcio italien s'est effondré sur le plan institutionnel. Gabriele Gravina, président de la Fédération italienne de football (FIGC) depuis octobre 2018, a officiellement présenté sa démission ce jeudi, à la suite de l'échec retentissant de la Nazionale à se qualifier pour la Coupe du monde 2026. L’élimination a été scellée par une défaite aux tirs au but contre la Bosnie-et-Herzégovine mardi soir, plongeant le football italien dans une crise sans précédent. Une défaite qui fait suite à l’absence déjà cuisante lors des deux précédentes éditions du Mondial, en 2022 et maintenant en 2026.
Gravina, visiblement ému mais déterminé, a qualifié sa décision de « personnelle, convaincue et mûrement réfléchie ». Il a remercié les membres de la fédération pour leur soutien indéfectible, affirmant qu’ils l’avaient pressé de rester. Malgré cela, il a choisi de faire un pas de côté, marquant ainsi la fin d’une ère. Ce n’est pas un départ en colère, mais plutôt un retrait digne après une période marquée par des espoirs déçus et des promesses non tenues.
Buffon s’en va, Gattuso dans le viseur
Sans attendre, Gianluigi Buffon, chef de délégation de l’équipe nationale, a suivi Gravina dans l’abandon de ses fonctions. L’icône du football italien, symbole de rigueur et d’engagement, quitte ainsi son rôle institutionnel dans une ambiance de deuil collectif. Sa présence aux côtés de Gennaro Gattuso et Gravina lors de la conférence de presse du 19 juin 2025 semblait alors empreinte de gravité, presque prémonitoire. Désormais, tous les regards se tournent vers Gattuso, dont la démission est largement anticipée, même si aucune annonce officielle n’a encore été faite.
L’équipe italienne traverse sa pire période depuis des décennies, incapable de retrouver l’éclat de ses gloires passées. L’échec en barrage contre un adversaire de niveau intermédiaire comme la Bosnie-et-Herzégovine est perçu comme une catastrophe sportive. Les débats font rage dans la presse spécialisée, les supporters réclament des comptes, et le mercato estival s’annonce agité. La confiance dans la gestion fédérale est au plus bas.
Élections fédérales en vue et reconstruction à venir
Les élections pour désigner le nouveau président de la FIGC auront lieu le 22 juin prochain. 274 délégués seront appelés à voter, répartis entre les différentes ligues : Serie A (18 %), Serie B (6 %), Lega Pro (12 %), Ligue amateur (LND, 34 %), Association des joueurs (20 %) et Association des entraîneurs (10 %). Ce découpage complexe promet des négociations intenses et des alliances inédites. Le nouveau président devra non seulement restaurer la crédibilité, mais aussi nommer un sélectionneur capable de relancer la Nazionale.
« Après de nombreuses années, il y a un sentiment de tristesse, mais aussi de calme », a déclaré Gabriele Gravina en quittant le siège de la FIGC.
La reconstruction sera longue. Le choix du prochain entraîneur interviendra seulement après l’élection présidentielle, ce qui repousse toute relance technique à l’été. Entre temps, les yeux se tournent vers les jeunes talents de la cantera italienne, dans l’espoir qu’une nouvelle génération puisse un jour ramener l’Italie sur la scène mondiale.